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(NB : sujet discuté aussi sur Linkedin) (crédit image : Fotolia) Dans son ouvrage qui fit date sur le sujet, Sincérité et authenticité (Grasset, 1994), Lionel Trilling cherche à donner des aperçus de l'émergence de l'idéal de sincérité puis de son déclin et de son remplacement par l'idéal d'authenticité : « Les révoltes étudiantes des années soixante ne furent pas marquées par la seule conviction que "tout est politique". Au-delà des utopies messianiques, qui occupèrent le devant de la scène, de nouvelles aspirations éthiques se firent jour, qui avaient pour principal motif le thème de "l'authenticité". Partout s'affichait le "souci de soi", la volonté d'être enfin réconcilié avec le corps, avec l'intimité de son psychisme, de vivre en harmonie avec la nature, d'en finir avec l'aliénation du Moi dans des formes de vie extérieures aux individus. La vague, ici désignée sous le nom d'éthique de l'authenticité, fut et reste sans doute encore, d'une portée considérable. »   Dans cet échange, nous nous intéresserons à la friction qui est souvent mise en avant entre sincérité et authenticité : car comprendre ce qui sépare ces deux idées pourtant simples en apparence, est éclairants sur une tendance qui s'étale bien au-delà de notre époque. "L' authenticité  peut être considérée à cet égard comme un concept proche de celui d'intégrité. ... Tandis que la  sincérité  consiste simplement à dire ce qu'on pense, et la fiabilité à faire ce qu'on dit, l' authenticité  consiste à être ce qu'on est et à se présenter aux autres comme tel." ( source ) Mais au temps présent, vous y serez généralement confrontés sur le ton, pour le moins approximatif, au mieux badin, de la préférence. La préférence est certes  subjective mais souvent présentée comme un argument d'autorité. Quand on en parle en société : pour peu qu'on aborde l'authenticité, il y aura toujours quelqu'un pour tenter de briller en lui préférant d'un ton péremptoire, la sincérité et... Inversement. Faites le test dans les réseaux sociaux, c'est amusant. Avouons-le : en dépit de son caractère trivial, anecdotique, ce débat en dit long sur nous, sur l'époque, et il nous permettra de démystifier les mensonges que l'on fait aussi - et peut-être surtout - à soi-même. Dans l'approche de Trilling (qui fit date, et souvent citée sur ce thème, en France comme aux Etats-Unis), l'éthique de l'authenticité est présentée comme un processus de désaliénation : peut-être est-ce précisément l'inverse aujourd'hui, tant l'injonction est omniprésente et présentée avec tant de bienveillance désarmante.
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(NB : sujet discuté aussi sur Linkedin)

(crédit image : Fotolia)

Dans son ouvrage qui fit date sur le sujet, Sincérité et authenticité (Grasset, 1994), Lionel Trilling cherche à donner des aperçus de l'émergence de l'idéal de sincérité puis de son déclin et de son remplacement par l'idéal d'authenticité :


« Les révoltes étudiantes des années soixante ne furent pas marquées par la seule conviction que "tout est politique". Au-delà des utopies messianiques, qui occupèrent le devant de la scène, de nouvelles aspirations éthiques se firent jour, qui avaient pour principal motif le thème de "l'authenticité". Partout s'affichait le "souci de soi", la volonté d'être enfin réconcilié avec le corps, avec l'intimité de son psychisme, de vivre en harmonie avec la nature, d'en finir avec l'aliénation du Moi dans des formes de vie extérieures aux individus. La vague, ici désignée sous le nom d'éthique de l'authenticité, fut et reste sans doute encore, d'une portée considérable. »

 

Dans cet échange, nous nous intéresserons à la friction qui est souvent mise en avant entre sincérité et authenticité : car comprendre ce qui sépare ces deux idées pourtant simples en apparence, est éclairants sur une tendance qui s'étale bien au-delà de notre époque.

"L'authenticité peut être considérée à cet égard comme un concept proche de celui d'intégrité. ... Tandis que la sincérité consiste simplement à dire ce qu'on pense, et la fiabilité à faire ce qu'on dit, l'authenticité consiste à être ce qu'on est et à se présenter aux autres comme tel." (source)

Mais au temps présent, vous y serez généralement confrontés sur le ton, pour le moins approximatif, au mieux badin, de la préférence. La préférence est certes  subjective mais souvent présentée comme un argument d'autorité. Quand on en parle en société : pour peu qu'on aborde l'authenticité, il y aura toujours quelqu'un pour tenter de briller en lui préférant d'un ton péremptoire, la sincérité et... Inversement. Faites le test dans les réseaux sociaux, c'est amusant.

Avouons-le : en dépit de son caractère trivial, anecdotique, ce débat en dit long sur nous, sur l'époque, et il nous permettra de démystifier les mensonges que l'on fait aussi - et peut-être surtout - à soi-même.

Dans l'approche de Trilling (qui fit date, et souvent citée sur ce thème, en France comme aux Etats-Unis), l'éthique de l'authenticité est présentée comme un processus de désaliénation : peut-être est-ce précisément l'inverse aujourd'hui, tant l'injonction est omniprésente et présentée avec tant de bienveillance désarmante.

Keywords:  authenticité, sincérité
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