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J'ai parfois honte de nos grandes entreprises. Il est urgent et primordial que nous nous démenions pour faire émerger un véritable un Small Business Act. Même les USA en ont un, solide et légitime. Même au Brésil les entreprises doivent payer en 3 jours les PME. Un Small Business Act sauverait chaque mois par centaines de milliers. Anecdote personnelle. Si je vous dis que je viens de signer un contrat qui m'a été envoyé par une société qui met dans ses "CGA" (Conditions Générales d'Achat), une clause parfaitement illégale de règlement à 90 jours ?!? On marche sur la tête ! Et bien sûr impossible de se plaindre de crainte de perdre le client ! Alors vers qui se tourner ? L'État manquye à sa mission première de préservation de la qualité des échanges commerciaux : ici, sur le sujet le plu basiquement crucial. Et je ne parle pas des manipulations d'appels d'offre (qui oui, comme les politiques l'évoquent souvent, doivent bel et bien être encadrés pour soutenir l'emploi des PME). (suite ci-dessous...)
Et hop, voici mon feedback :
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Infos diverses
Lieu : Dans les studios de Webcastory
Format : Talkshow
Traitement : Billet d'humeur
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J'ai parfois honte de nos grandes entreprises.


Il est urgent et primordial que nous nous démenions pour faire émerger un véritable un Small Business Act.


Même les USA en ont un, solide et légitime.


Même au Brésil les entreprises doivent payer en 3 jours les PME.

Un Small Business Act sauverait chaque mois par centaines de milliers.


Anecdote personnelle.

Si je vous dis que je viens de signer un contrat qui m'a été envoyé par une société qui met dans ses "CGA" (Conditions Générales d'Achat), une clause parfaitement illégale de règlement à 90 jours ?!?

On marche sur la tête !

Et bien sûr impossible de se plaindre de crainte de perdre le client ! Alors vers qui se tourner ? L'État manquye à sa mission première de préservation de la qualité des échanges commerciaux : ici, sur le sujet le plu basiquement crucial.

Et je ne parle pas des manipulations d'appels d'offre (qui oui, comme les politiques l'évoquent souvent, doivent bel et bien être encadrés pour soutenir l'emploi des PME).

(suite ci-dessous...)

Mots-clés :  small business act
Expertises concernées :  gestion du poste client, Achats

Je vous le dis tout net : je me contrefiche qu'un grand patron ait négocié pour lui-même un salaire astronomique. Le vrai symbole contre lequel il faut lutter, n'en déplaise aux démagogues, et d'ailleurs ce n'est pas qu'un symbole, on se trompe de débat, c'est celui des clauses outrageusement léonines des grands groupes qui exercent une pression insane sur les petits acteurs économiques.

Allez, je me mouille.

Il y a en actuellement 3 avec qui je BATAILLE littéralement, moi, chef d'entreprise (3 star-ups par ailleurs, je commence donc à connaître), depuis septembre, octobre et novembre, parce que nos équipes en train de livrer des jobs pour elles. Nous avons engagé des frais et des ressources, des salariés et des fournisseurs que nous payons en fin de mois voire sur le champ, et croyez-le ou non, leurs processus Achats sont si complexes que je n'avons... toujours aucun bon de commande.

sic : AUCUN bon de commande !

Et ce n'est certes pas faute d'être référencé aux Achats (re-SIC).

Nous bénéficions d'un contrat-cadre seulement voilà : il nous faut littéralement faire la danse du ventre pour obtenir une simple commande formalisée.

Vous n’imaginez pas comme c’est humiliant.

En effet, vous demandez poliment un bon de commande, un contrat fort simple.
Face à un client qui lui, sous pression, vous supplie de lui faire confiance et d'avancer vite car son "quarter" et ses obligations représentent une lourde pression. Vous avancez alors, vous produisez, mais pourquoi ? - Parce que c'est le prestataire le plus arrangeant qui l'emporte alors hors de question de contrarier votre charmant interlocuteur - d'ailleurs fort probablement sincère quant à lui, déresponsabilisé par son département des Achats.


TOUT LE MONDE le dit, mais personne ne peut se permettre de le dire sur la place publique : les grands groupes ont des méthodes de prolongement du paiement absolument sordides.

Je poursuis mon récit : vous vous attendez, après avoir été décontracté sur la commande (même si un devis est émis etc.), à un bon de commande 3 ou 10 jours plus tard à tout casser.

Or dans mon exemple, cela fait quant à nous, et pour ces trois clients, des mois, vous m'avez bien lu, des mois que nous attendons de simples formalisations. 

Je le jure devant Dieu : non seulement je ne suis pas laxiste dans mes relances, mais je suis aussi borné qu'une arapède sur son rocher.

Alors bien sûr, je suis en quelque sorte protégé si l'on peut dire par tous ces mails échangés et la réalité du job enclenché, oui je sais merci. Juridiquement, je sais que nos dossiers sont blindés.

Mais nous travaillons sans filet.

Nous acceptons cette situation léonine faute de choix.

Le client sent que je commence à être tendu. Au détour de nos échanges réguliers, il nous redemande de lui faire confiance et se montre embarassé : toujours le même scénario.


J'ai un autre collègue dans le conseil, il me dit avoir travaillé 10 mois (sic!!) avant d'être homologué aux Achats d'un grand groupe : pendant cette exploration qui monopolisait tous ses efforts, impossible de facturer un centime.

Le client (je parle là du bénéficiaire à peu près innocent, et non de l'acheteur procédural) finit forcément par percevoir notre tension.

Mais il n'a pas notre vision, celle du chef d'entreprise anxieux de travailler de façon propre et structurante.

Combien de TPE / PME patientes et indulgentes ont-elles coulé sur de grosses commandes à cause de ces "acheteurs procéduraux" qui les tuent sans vergogne ?

Avec nos trois clients pénibles du moment, j'ai face à moi des gamins surdiplômés, fort sympathiques, mais qui n’ont jamais rien entrevu des souffrances abstraites de ces entrepreneurs qui les relancent pour gagner leur dû.

De fait, quand vous avez demandé 4 fois ce maudit bon de commande, eh bien... c'est cela la plus ineffable réalité, c'est là qu'est l'indicible tourment : vous passez presque pour le sale con de service.

Ils vous font sentir que vous n'êtes plus aussi fun, plus aussi "inspirationnel" qu'au début : terminé le petit frisson mondain de plaisir à l’idée de travailler avec vous et de capitaliser sur votre énergie positive.


Ça, c'est l'autre sensation torturante : le client espère que vous restiez dévoué et souriant, et surtout créatif. Mais comment ne pas propager dans votre travail cette souffrance ?

On nous bassine avec la souffrance des salariés.

Navré : ce n'est rien à côté de celle des TPE qui se trouvent en bout de chaîne alimentaire à tous égards. Et j'ai une pensée très émue pour nos agriculteurs qui vivent cela à une puissance mille.


C'est cela le mal français : arrêtez tous de nous emmerder avec la fiscalité. Soignons déjà en priorité le cadre du business : s'il devient plus structurant, on pourra aux moindres frais sauver des dizaines de milliers d'emplois.

Forcément, ces jours-ci, auprèsb de ces trois clients, j'ai perdu un peu de mon aura de chic type : me voilà à rouspéter, voire mendier pour obtenir un contrat sur une prestation démarrée, voire presque aboutie, un comble.

Etant donné que j'ai déjà perdu des plumes dans ce processus, et que je ne veux pas lancer un contentieux de 18 mois, et que par ailleurs la survie économique m'oblige à dire OUI à tout, je m'impose de tenir le choc avec philosophie.

Je me moque aussi que les traders s'engraissent : qu'ils continuent. Mettre de la morale dans le capitalisme, c'est d'abord protéger pour commencer les petits qui dynamisent l'économie.

Je plaide même pour reconnaître et annoncer à qui veut l'entendre que je me contrefous aussi des subventions de toutes natures : pas ma tasse de thé.

Je veux juste qu'il existe un cadre juridictionnel protégeant la commerce entre les gros et les petits : c'est possible, ça existe ailleurs.

Je suis le lourdaud de service quand je relance les services marketing de mes clients actuels, vous savez, les trois fameux qui m'empêchent de bien dormir en ce moment : pourtant, « formaliser », ça, ils connaissent quand c’est pour respecter leurs sacro-saints process à eux, mais tous ces ahuris des Achats, formés à l'école des brebis galeuses, se moquent totalement des efforts de ta TPE pour tenter à son tour de plaider pour un minimum de structuration dans ses propres process.

Bref, ma plume n'est guère envolée ce soir, je suis ulcéré, pardonnez-moi, et ce n'est pas comme si j'avais le temps : mais c'est justement cela le problème.


Personne n'a ni le temps ni l'énergie, ni probablement le courage de parler de ces grands groupes sans éthique au quotidien et qui nous pourrissent pourtant en "responsabilité sociétale" et "green washing" à longueur de campagnes.

Je partage avec des milliers d'autres entrepreneurs ces situations anxiogènes, et notre cause n'a finalement rien de sympathique.

Sa résolution aurait pourtant un fantastique impact structurel et économique.

Mais moi qui ai vécu 5 ans de vie pro intensive et créé deux boîtes aux US, je suis mortifié par l'absence de culture entrepreneuriale, au sens du respect des petits entrepreneurs, qui caractérise la France.

C'est une honte, une plaie absolue dans notre culture business, alors même que tant de grands groupes se positionnent en gentils bienfaiteurs de l'innovation (pardi !).

Et je voudrais vraiment donner sur nos plateaux TV la parole, je subventionne au besoin, je sponsorise si vous voulez, quiconque voudrait bien montrer une voie tenable pour créer un Small Business Act à la française : il est EVIDENT que c'est ce qui boosterait l'économie au moment où elle en a le plus besoin.

Je mets donc à disposition notre studio, pour ouvrir le débat avec des spécialistes qui voudront bien s'investir sur ce sujet à long terme.

Merci de m'avoir lu et subi mon désarroi jusqu'ici, bien @ tous.

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Commentaire de Patrick Moufflet : Ah, vaste et vieux sujet. Qui concerne non seulement les grands groupes, mais également l'administration.Non seulement un "small business act" serait le bienvenu sur plusieurs points, dont les délais de règlement.Mais pourquoi pas - osons le mot - une sorte de "préférence nationale" lorsqu'à compétences égales et à tarif équivalent il s'agit de faire le choix entre plusieurs fournisseurs ou prestataires.A l'ère du bilan-carbone dans bien des domaines, bientôt le bilan-social dans les relations de business ?[un mot a été zappé dans le titre : "si"] Commentaire de Frédéric BASCUNANA : Bien formulé Patrick, le bilan social dans ce domaine serait un bon levier de réflexion pour aborder des pistes.Ce qui je le répète le rend marteau c'est que les solutions existent et sont appliquées dans d'autres pays. Je plussoie en outre sur le point des administrations, en effet. Outre Manche l'exemple est là aussi bien donné : je ne comprends pas qu'on passe à côté de cela.C'est le moment en pleine campagne de pousser ce genre de piste : ça n'est ni symbolique ni sophistiqué. Commentaire de André-Yves Portnoff : Je suis bien d'accord, étant donnée l'attitude de la majorité des grands groupes http://lexpansion.lexpress.fr/economie/les-grosses-entreprises-en-france-empechent-la-croissance-des-pme_264749.html un vrai SBA est nécessaire d'urgence. Y a-t-il la volonté politique d'aboutir en dérangeant les lobbies? Nous avons, Hervé Sérieyx et moi écrit tout cela dans Aux actes, citoyens! en mai dernier. Mais nous ne réussissons pas à l'expliquer aux TV...Parisianisme étouffant! Les acteurs de terrain comprennent, eux! car ils en souffrent! Nous avons demandé ceci aux politiques: La Tribune: http://www.latribune.fr/opinions/20111109trib000662913/reindustrialiser-questions-de-confiance-.htmlAux actes!André-Yves Portnoff Commentaire de Frédéric BASCUNANA : Cher André-Yves, je suis prêt à financer une campagne de communication, certes bien modeste, mais nourrie par l'apport de nos plateaux TV, rencontres sur place pour amorcer un petit club de réflexion : ce serait en tout cas la contribution dont je suis capable.Qu'en pensez-vous ?Hervé et vous-même (ainsi que Patrick) êtes en tout cas les TRES bienvenus !